la débatsphère
«C’est une télévangéliste illuminée»
Jacques Généreux économiste, proche d’Emmanuelli.
Ségolène Royal a mené sa campagne à côté du parti, en le méprisant totalement. Pour l’essentiel, elle était dans l’improvisation et non dans l’opposition, et n’a pas mené la bataille idéologique pour les valeurs de la gauche. Elle a quasiment validé le discours de Nicolas Sarkozy en gardant une ligne très franchouillarde, proche des idées de droite.
De plus, elle a prouvé son inconsistance politique en changeant constamment d’avis, sans réflexion, sans prévenir ses collaborateurs. C’est une télévangéliste illuminée, qui va au contact du peuple en pensant qu’elle a un destin mystique particulier, un peu comme Jeanne d’Arc; c’est quelqu’un qui balance le matin ce dont elle a rêvé pendant la nuit, sans mener d’analyse politique. Elle y a perdu toute crédibilité.
afp 16 juillet 2007
Royal reconnaît des “faiblesses” et tient à ses valeurs pour rénover le PS.
Ségolène Royal a reconnu lundi des “faiblesses” pour expliquer sa défaite à l’élection présidentielle, tout en se montrant décidée à participer à la “rénovation des idées socialistes” autour des valeurs qu’elle défend.Mme Royal et son équipe se sont retrouvées dans une salle de l’Assemblée nationale pour une première réunion de travail post-élections: le matin avec une trentaine de membres de son équipe de campagne, et l’après-midi pour une réunion élargie aux parlementaires qui l’ont soutenue.“C’était tout à fait passionnant”, a assuré Arnaud Montebourg. Particulièrement dur à l’égard de son parti, il a expliqué qu’il s’agissait d’une “mise en perspective des retards stratégiques accumulés par le PS depuis une dizaine d’années”, avec des intervenants extérieurs “qui nous ont regardés sombrer pendant toutes ces années”.“J’ai compris mes forces et mes faiblesses”, a confié pour sa part à l’AFP l’ex-candidate, qui a employé plusieurs fois le mot “défaite” qu’elle évite d’ordinaire.“Certes, nous avons perdu mais nous avons aussi fait des choses extrêmement positives. C’était une belle campagne, on en est fier”, a-t-elle ajouté, incluant bizarrement Nicolas Sarkozy dans l’hommage en affirmant que les Français ont été “fiers de cette campagne, fiers de leurs deux candidats”.Côté forces, elle a rappelé que “même s’il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer à tout ce qui a fait lever ce formidable élan pendant la campagne”, insistant sur les “éléments refondateurs” qui se sont levés: la démocratie participative, la valeur travail, l’ordre juste… “Nous ne devons pas abandonner les raisons pour lesquelles tant de gens nous ont rejoints”, a-t-elle déclaré.Pour elle, “il faut continuer à travailler” sur ces éléments pour “continuer la refondation du parti” et rendre le PS plus “attractif”.Elle a reconnu, côté faiblesses, les difficultés de “traduction” de ces concepts et le “manque de réactivité”, notamment à la télévision. Elle a regretté aussi que la “greffe avec le parti” dans la deuxième phase de campagne ait dû se faire “dans l’urgence”.L’ex candidate a indiqué qu’elle allait mettre en place “un groupe de coordination” et “des groupes de travail” autour des valeurs défendues et des “insuffisances des réponses concrètes apportées”.“Ce travail sera mis à disposition du parti socialiste”, a-t-elle affirmé, précisant qu’une première synthèse en sera faite le 25 août à la Fête de la rose de Melle (Deux-Sèvres).Elle a assuré qu’elle viendrait “régulièrement” restituer le produit de ces réflexions collectives devant “les instances du parti”, en particulier “devant le bureau national du PS”.Mme Royal a confirmé qu’elle participerait à l’université d’été du PS, du 31 août au 2 septembre. “Mon action se situe à l’intérieur du Parti socialiste”, a-t-elle martelé.“J’ai confiance, je suis optimiste, nous allons reconstruire, nous allons rénover, accompagner la société française, répondre au désarroi et aux attentes des militants”, a lancé Mme Royal, ajoutant à leur adresse : “Ne soyez pas désemparés !”.“Je suis là et bien là (…), je serai là et bien là au sein du parti socialiste !”, a-t-elle encore déclaré.Ses codirecteurs de campagne, Jean-Louis Bianco et François Rebsamen, ont relativisé l’échec de 2007 en l’incluant dans une mauvaise période pour la gauche, parlant de la nécessité d’une “analyse idéologique depuis 2002″ (Bianco) ou notant que les tendances à l’échec “ne datent pas d’aujourd’hui” et que depuis 1993 “le PS ne vole pas de succès en succès” (Rebsamen).
L’analyse d’Emmanuel Todd
Ségolène Royal a fait perdre la gauche car elle est arrivée en candidate de la gauche avec un discours de droite. Totalement dégagée du logiciel de gauche, avec un vocabulaire que je percevais identitaire à sa manière : « l’ordre juste, la nation, le drapeau » qui a alimenté le discours de Nicolas Sarkozy. La seule chance de la gauche était de produire, face à un discours identitaire de droite, qui était là pour masquer les intérêts des puissants et des riches, un discours de gauche sur l’économie et sur les inégalités. Ce qui est intéressant, c’est la façon dont les hautes sphères socialistes et le parti socialiste se sont littéralement suicidés, en arrivant avec un programme de droite. La responsable n’est pas Ségolène, les responsables sont les adhérents socialistes qui ont désigné Ségolène Royal. On peut dire qu’ils ont été entretenus dans l’erreur par les sondeurs d’opinion, mais s’ils se sont enfoncés dans cette erreur, c’est qu’eux-mêmes avaient abandonné leurs convictions de gauche.
Quand il apparaît que les élites socialistes sont quasi converties à un discours libéral sarkoziste, le parti socialiste perd l’électorat de gauche. Mais l’électorat de gauche est là, il est en attente : il a suffi que Laurent Fabius parle de la T.V.A sociale, mette en difficulté Borloo…Le PS est remonté. Un minimum de discours économique sur les questions sérieuses et l’électorat de gauche réapparaît.
Extrait de l’interview du Monde du 27 / 06 / 07 de Laurent Fabius
Laurent Fabius dénonce le “triple déficit” de la candidate Royal
Pensez-vous, comme une partie de vos amis au PS, que l’élection présidentielle était “imperdable” ?….
Il faut expliquer cet échec, non le nier. Car, d’une part, le bilan du gouvernement sortant était jugé médiocre et le candidat de droite en était le pivot; d’autre part, le moment était favorable à la gauche, si l’on en juge par les mobilisations sociales puissantes de la période et les thèmes prioritaires dans la population – emploi, école, logement, santé, environnement. Enfin, le précédent de 2002 garantissait un vote utile en faveur du PS.Finalement, seul ce dernier aspect a joué. Un triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité.
On ne gagne pas une élection présidentielle en demandant à chacun ce qu’il ou elle veut, mais en proposant une vision, un dessein capables de faire progresser la France et les Français, tout en convainquant qu’on est soi-même capable de les conduire.
Mélanchon au Conseil National du PS
La rénovation n’est pas l’ov(ul)ation de la reine.
Un bruit court depuis les quatre tours épuisants et perdus de l’élection présidentielle. Nombreux sont ceux qui auraient assisté, sans même s’en rendre compte, à la naissance d’une reine dans la ruche agitée du PS.
Les bourdons affectés à cet office, venus des horizons les plus éloignés, repoussent piteusement le destin de leur agonie. Après le coup de chaud de cette copulation, le-peuple-ouvrier-de-la-grande-ruche-des-électeurs, malgré la tradition, vient de leur accorder un sursis.
Définitivement privés d’organe, ces génies précoces n’ont plus de leur puissance que le repli fantasmatique. Dans leur imaginaire de bêtes, sursoyant à la modestie, ils se pensent comme des Rois-lions.
Le meilleur d’entre-nous, Montebourg-dont nous fûmes les inféodés s(p)ectateurs, rugit à la gloire de cette castration réelle. Il crie, il hurle, il s’agite dans d’ultimes soubresauts où s’épuisent doucement ses pulsions initiales : reine-ovation, reine-ovation, reine-ovation.
Il est temps, mes-petits-camarades-ouvriers-de-la-ruche, pour un essaimage, pour une construction nouvelle qui ne soit pas prise dans les inconséquences d’une ancienne (c)ruche.
Nous partirons vers ce vol, au vent d’une affirmation qui bourdonne dans les consciences : la reine de la ruche est une cruche.
L’ov(ul)ation de la reine n’est pas l’arène de la rénovation.
Nous devons donc impérativement affirmer la déchéance des « montebourdons » désormais privés des organes de la rénovation.
Bzz, bzz, j’oubliais la ruche à rénover : c’est le socialisme.
Michel Gros RS06
Le mot des rénova(c)teurs 06
L’échec de notre Parti lors de l’élection présidentielle, et de toute la Gauche à l’occasion des élections législatives, inquiète les militants que nous sommes, et au-delà de nous-mêmes, l’ensemble de la population dont les souffrances augmentent chaque jour sous les coups de boutoirs du capitalisme hyper libéral.
Nous nous sommes opposés au choix de Ségolène Royal durant la campagne interne en attirant l’attention sur le fait que l’organisation de notre Parti n’avait pas su produire le candidat naturel susceptible de mobiliser l’ensemble des militants et des électeurs qui lui sont attachés.
Le coup de force de Ségolène Royal sur son propre parti vient de produire les effets que nous redoutions. Ce détournement de l’énergie militante a fabriqué une véritable machine à perdre dont il semble que nous n’ayons pas fini de voir les effets pervers.
Nous voulons attirer votre attention de militants afin qu’ensemble nous nous mobilisions pour ouvrir un véritable débat sur les enjeux réels de la société et sur le rôle que nous pouvons tenir dans ses transformations nécessaires.
Trouvons le courage d’avancer quelques idées qui ne soient pas seulement celles qui permettent les rentes politiques de certains de nos membres, quitte à perdre quelques élus au bénéfice de nouveaux militants, moins médiatiques, mais porteurs d’un réel espoir pour un renouveau nécessaire.
Amitiés socialistes.
juillet 18, 2007 à 8:49
Latentative de main mise sur le PS se poursuit par tous les ségolâtres évangélisés. Sur le ofnd, des concepts de droite repris à la sauce populiste et des envies d’ambition personnelle démesurée.
La lutte a commencé pour que le PS ne sombre pas définitivement.
juillet 19, 2007 à 6:29
Salut Enzo
Ce qui fout la trouille c’est que S.R. parle “d’éléments refondateurs” (cf afp 16 07 07)qui se sont levés: la démocratie participative, la valeur travail, l’ordre juste. Tu imagines un PS rénové sur ces conneries. Dans son article elle reconnait ses faiblesses, peut-être, mais dénonce surtout celles de ceux qui ne l’ont pas aidée.
juillet 19, 2007 à 12:07
d’accord avec toi, pour moi, elle n’a rien reconnu du tout, elle essaie juste de nous rebalancer ces conneries de concepts de droite et ose appeler cela refonder le PS! lamentable.
juillet 19, 2007 à 2:24
Hé oui. Au fait, et si on allait faire les caves, en plus du goût de la politique, tu m’as donné le goût du vin… Est-ce que ça fait bon ménage ?
juillet 19, 2007 à 8:26
euhhh bah écoute chez moi ça fait bon ménage depuis longtemps….o:-)))