Lettre ouverte à Patrick Allemand
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Les militants de Rénova(c)tion Socialiste, membres de la Fédération des Alpes-Maritimes du Parti Socialiste, des Sections de Nice et de Cannes, fortement attachés aux exigences de la démocratie, s’étonnent que le principal responsable de leur Fédération bafoue les procédures habituelles où cette démocratie trouve les conditions d’une clarté propice à l’exercice des convictions socialistes.
Patrick Allemand, vice-Président du Conseil régional PACA, membre du Conseil Général des Alpes-Maritimes et Premier Secrétaire Fédéral, annonce par voie de presse sa candidature à l’investiture des socialistes pour les représenter à la mairie de Nice. Cette publicité d’une décision dont les militants de sa propre fédération auraient dû avoir la primeur est un insupportable accroc aux pratiques habituelles de la démocratie interne des socialistes. Elle rappelle tristement les méthodes d’influence par médias interposés, qui aboutissent aux échecs que l’on connaît.
Mais au-delà de ces pratiques qui donnent de la responsabilité politique un spectacle méprisable, c’est la dimension cumularde qui pose aux militants que nous sommes un grave problème de conscience. Notre Parti, en effet, s’attache dans ses dernières élaborations programmatiques à définir une éthique de la responsabilité qui fustige les pratiques de la captation du Pouvoir. Patrick Allemand, qui fut un des soutiens de cette exigence démocratique, semble nous dire aujourd’hui qu’elle ne s’applique pas à lui-même. Comment les camarades de la Fédération, et au-delà les citoyens niçois, vont-ils pouvoir comprendre une telle attitude ? Nous laissons bien évidemment à chacun le soin d’en juger !
Toutefois, nous voudrions attirer l’attention des camarades de notre Fédération sur un déni plus grave encore qui vient éclairer l’extravagante démarche de notre camarade Patrick Allemand. Celui de passer sous silence le travail exemplaire de l’opposition municipale niçoise représentée par son responsable Patrick Mottard. Travail d’opposition constructive, travail de fédération des diverses sensibilités de la Gauche Plurielle. Travail sur lequel les électeurs niçois pourront concrètement forger leur décision à l’occasion de la prochaine échéance électorale. Dans un monde aussi difficile que celui qui est le nôtre, les promesses ne suffisent plus pour satisfaire les attentes de nos concitoyens. Seuls les actes sont les juges de paix d’une conception noble de la politique. Il nous semble que cette exigence de la pratique est naturellement portée par le responsable actuel de l’opposition municipale.
La candidature de Patrick Mottard aux prochaines élections municipales ne devrait souffrir aucune contestation.
août 2, 2007 à 8:30
L’essentiel concernant notre ville, et je dis notre ville car j’ai choisi
d’y vivre même si je n’y suis pas né, c’est de gagner à gauche la
municipalité. En effet, trop c’est trop. Trop de dirigisme ultradroitier au
service des plus nantis à commencer par Monsieur le Maire qui, au mieux est
incompétent puisqu’il dit ne rien savoir des malversations des personnels
choisis par lui et qui l’auraient trahi (ce qui peut être vrai une fois,
mais pas deux, puis trois, puis…), au pire est complice de ces mêmes
personnels, ses amis, d’abord présentés par lui avec morgue, comme les
meilleurs et ensuite vilipendés comme traîtres coupables de prévarication,
d’affaires douteuses et de scandales financiers. Mais qui trouverons,
curieusement, au sortir de la prison où ils ont purgé leur peine, un job
bien rémunéré chez des amis ou dans le secteur para-fonctionnel, alors que
le chômage prend à la gorge bien des gens honnêtes. Seule une gestion
municipale - et aussi une gestion de la Canca - de gauche et au service des
Niçois comme des habitants des communes environnantes peut, avec un énorme
travail sur le terrain autant que dans les bureaux, avec les gens eux-mêmes
autant qu’avec les dossiers, peut, pourra, renverser une situation oh
combien compromise.
La question qui se pose, alors, est de savoir qui, parmi les candidats
socialistes qui se déclarent à la candidature de Maire, nous les socialistes
nous devons choisir. Il me semble donc indispensable, dès lors, de vérifier
les motivations de chacun de ces candidats, car gagner c’est bien, gagner en
sachant pour quoi c’est mieux. Et, immédiatement, se pose une seconde
question qui, est de savoir avec qui, sans perdre notre âme, nous pouvons
gagner.
Force est de constater que depuis des années, l’un de ces candidats, Patrick
Allemand, actuellement premier secrétaire de la fédération des Alpes
Maritimes du Parti Socialiste, premier vice président de la Région, toujours
candidat à tous les postes électifs (députation, conseil général, conseil
régional, conseil municipal, vraisemblablement Sénat s’il était élu Maire, et, peut-être quelques présidences, est un homme de valeur. Tout cela, en contradiction avec les “décisions” du Parti sur le mandat unique, conception sur laquelle s’assoient allègrement la plupart de nos dirigeants.
Je fais trois objections au choix de cet homme, que par ailleurs je respecte car les socialistes l’ont amené au poste de premier secrétaire de la fédé
bien avant mon arrivée à Nice en l’an 2000 et cela ne doit pas être par hasard. Des objections de principe.
En premier lieu je suis, totalement opposé au cumul des mandats. Chacun des mandats qu’il détient, au sein du parti ou mandat électif, chacun de ceux qu’il brigue en outre, est un mandat à plein temps auquel l’élu devrait consacrer toute son intelligence, toute sa force, toute son énergie. Sinon, par manque de temps, voire par antagonisme entre les
projets ou par la priorité qui leur est accordée, toute réalisation, même prestigieuse, est incomplète, et au moins n’atteint pas le niveau qu’elle aurait pu atteindre. Il peut exister des contradictions entre les mandats, chaque élu gérant au mieux de la population le sien propre. Comment l’élu multimandaté gèrera-t-il cette contradiction devant laquelle un jour ou l’autre il sera confronté? Ségolène elle-même ne donne-t-elle pas l’indication politique à suivre lorsqu’elle refuse de se présenter à la députation?
La seconde est que je n’ai pas aimé, mais alors pas du tout, l’argument : ”
Moi, je suis né à Nice”. D’abord, c’est un argument qui fleure la ségrégation et qui, sortant de la bouche d’un Le Pen, pourrait être qualifié de raciste. Ensuite, qui cet argument visait-il, sinon Patrick Mottard, un autre socialiste militant à Nice bien que né en Bourgogne, professeur de droit à Nice après y avoir été écolier puis étudiant et qui est reconnu par les Niçois comme l’un de leurs meilleurs défenseurs puisque Conseiller
municipal et Président de Nice plurielle, donc à ce titre candidat naturel à la Mairie. Pourquoi cet argument qui sent la sélection ethnique parut-il à ce moment là dans Nice Matin, sinon précisément parce que Patrick Mottard faisait de l’ombre à Patrick Allemand? Une telle attitude entre socialiste n’est-elle pas détestable et n’augure-t-elle pas d’attitudes futures à la limite de nos principes envers tout contradicteur? La troisième est que si je suis admiratif de la présentation des dossiers du Conseil Régional par Patrick Allemand lors de réunions publiques (je me souviens d’une invitation du CRIF de Nice), je crains, n’ayant jamais vu notre élu s’investir dans Nice hors de campagnes électorales, qu’il soit plus près des dossiers et des “collègues” que de la population. Dans le cas contraire, cela se saurait et nous n’aurions peut-être pas à Nice 9 élus sarkoziens sur 9. Et si l’on m’objectait que c’est Ségolène qui a perdu, je répondrais que cela n’est pas
vrai, que précisément Patrick Allemand défendait la candidature de Ségolène aux primaires du PS, et que celle-ci étant devenue LA candidate du Parti, c’est tout le Parti qui a perdu. Là, je reviens à ma première objection, à savoir que si tous les premiers secrétaires fédéraux avaient, et n’avaient que, défendu la ligne politique du Parti (et sans doute eut-il fallu préalablement la créer) au lieu de penser à leur avenir personnel en
s’envisageant élu et réélu multimandaté, même en faisant des croche-pieds aux
autre camarades, la France aurait aujourd’hui une Présidence socialiste.
Le second candidat, Patrick Mottard, mène, lui, la lutte au cour même de la ville sur les dossiers sensibles: La gare du sud, le tramway (principe et tracé), le grand stade, la prison… Il est, comme je l’ai dit, président de Nice plurielle qui coordonne l’opposition de gauche : Socialistes, Communistes, Verts, Alternatifs; qui prépare avec les associations les conseils municipaux; qui est au plus près de la population, de ses besoins,
des ses craintes, de ses rancœurs. Cette unité de la gauche contre la politique néfaste du Maire lui doit beaucoup. D’ailleurs le Maire ne se trompe pas d’adversaire quand il l’agresse comme on ne peut agresser que son futur successeur, celui par la faute de qui on perdra son pouvoir, à longueur de sessions municipales. Même si Monsieur Peyrat n’est pas sans rancune vis-à-vis des autre opposants, c’est à Patrick Mottard qu’ils s’en
prend prioritairement.
Patrick Mottard a refusé de se présenter aux élections législatives, ses mandats de conseiller Général et Conseiller municipal étant jugés par lui comme suffisants et nécessaires à la population. Sa connaissance des dossiers de la ville est totale. C’est lui, avec Nice plurielle, qui a mené tous les combats.
Il suffit pour le connaître, de le rencontrer à sa permanence, mais aussi sur le Marché, dans la rue, partout où sont les Niçois, de lire son blog ou son livre (les fragments de Nice), d’assister à l’un des mariages républicains auxquels il procède (les époux, jeunes et moins jeunes, blancs noirs ou maghrébins le demandent prioritairement, est-ce un hasard?). On comprend aisément, alors, la confiance qu’ont en lui les gens de sa ville:
les commerçants et tous les autres. Niçois vivant, travaillant et militant à et pour Nice, fréquentant les milieux sportifs aussi, il est perçu par la population comme un homme jeune, nouveau, pouvant incarner le changement dans notre ville. Voyez comment, tout en dénonçant le communautarisme, il entretien, sans complaisance et en toute humanité, des rapports privilégiés avec les communautés noires, maghrébines, juives.
A ce jour, il ne fait pas profession de son militantisme. Il gagne sa vie en exerçant la profession de professeur de droit, raison de plus pour inspirer la confiance en une politique autrement.
Voici pourquoi, mes chers camarades, j’opte quant à moi pour Patrick Mottard
et non pour Patrick Allemand. Je suis cependant convaincu que ce dernier
aura tout l’appui, comme premier fédéral, de Solferino. Cela prouvera sans
doute que la direction de notre parti a encore du chemin à faire pour
comprendre le pourquoi de ses échecs successifs. S’il y arrive. Sinon, que
restera-t-il de socialiste au Parti socialiste français?
Maurice Winnykamen.